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Pourquoi certaines douleurs ne guérissent pas.



Certaines personnes ne guérissent pas, non pas parce qu’elles manquent de volonté ou de compréhension, mais parce que quelque chose, en elles, n’a jamais pu être réellement traversé.

On peut croire avoir tourné la page.

Avoir pardonné.

Avoir compris.

Et pourtant, le corps continue de réagir, de se crisper, de souffrir, comme s’il était resté bloqué à un autre moment de l’histoire.

Le traumatisme ne vit pas dans le souvenir conscient.

Il vit dans le système nerveux.

Quand un événement dépasse ce que l’on peut absorber émotionnellement, l’organisme se protège. L’émotion n’est pas digérée, elle est mise de côté. L’esprit avance, mais le corps reste en alerte.

Alors, parfois, sans même s’en rendre compte, on réagit à des déclencheurs invisibles. Une voix. Une attitude. Une ambiance. Un regard.

Le présent se mélange au passé, et la douleur se réactive.

Ce qui fait le plus mal, ce n’est pas l’événement en lui-même.

C’est ce qui n’a jamais été reconnu, accueilli, exprimé au moment où cela s’est produit : la peur, la honte, l’impuissance, la tristesse.

Avec le temps, certaines personnes finissent même par s’organiser autour de cet état de survie. Elles deviennent fortes, solides, fonctionnelles. Mais intérieurement, quelque chose reste figé.

Guérir peut alors faire peur, parce que cela implique de quitter un mode de fonctionnement connu, même s’il est douloureux.

La mémoire traumatique n’est pas un signe de faiblesse.

C’est un message.

Un appel du corps à être entendu, reconnu, réparé.

Rien ne disparaît tant que ce n’est pas compris, traversé et intégré.

La guérison ne passe pas par l’oubli, mais par la rencontre avec ce qui, un jour, a été trop lourd à porter seul.


Peut-être que le véritable chemin ne consiste pas à « aller mieux » à tout prix,

mais à apprendre à écouter ce que le corps répète depuis si longtemps.


Non pour s’y enfermer,

mais pour comprendre ce qu’il cherche encore à protéger.

Parfois, guérir commence simplement par là :

cesser de se battre contre ce qui a permis de survivre.


Je vous souhaite de prendre soin de vous, vraiment.

À votre rythme. Là où c’est possible, aujourd’hui.


Sandrine Gourdy 🎄

 
 
 

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