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Les mystères de l'oreille



Identifiez vos fragilités, améliorez votre santé et votre bien-être grâce aux points de pression auriculaires.


Réflexologie auriculaire : entre science, expérience et compréhension du corps.


L’efficacité des zones auriculaires est-elle reconnue scientifiquement ?


Il est souvent difficile, lorsque l’on a un esprit rationnel, de faire la part entre ce qui relève de la légende… et ce qui appartient réellement à la science.

Et pourtant, l’histoire de la médecine nous a déjà montré une chose essentielle :

👉 ce qui semble improbable à une époque peut devenir une évidence quelques années plus tard, dès lors que la science en observe et en démontre les effets.

La réflexologie auriculaire s’inscrit exactement dans cette zone de tension entre observation clinique, expérience de terrain… et validation scientifique progressive.



La magie du pavillon de l’oreille


Depuis toujours, le pavillon de l’oreille intrigue. Sa forme en spirale, presque organique, rappelle parfois la petite maison d’un escargot. Au-delà de son rôle dans l’audition, il semble renfermer une forme de langage du corps, longtemps resté mystérieux.

Certains points précis de l’oreille possèdent une double fonction :

👉 ils peuvent informer sur l’état de certaines zones ou fonctions de l’organisme ;

👉 ils peuvent aussi agir comme des points d’accès aux mécanismes de régulation du corps.

On pourrait comparer cela à un clavier : chaque point agit comme une touche permettant d’interagir avec un programme plus vaste, celui du système nerveux et de l’autorégulation de l’organisme.

Pendant longtemps, ces phénomènes ont été considérés comme relevant de la tradition, de l’intuition ou même du miracle, simplement parce qu’ils étaient difficiles à expliquer avec les connaissances disponibles à une époque donnée.

Aujourd’hui, les avancées en neurophysiologie, en neuroanatomie et en imagerie cérébrale permettent de regarder ces phénomènes autrement.

L’oreille n’est pas seulement une zone périphérique du corps. Elle est aussi une interface, un lieu de passage entre le corps, le cerveau et les systèmes de régulation.



Aux origines : entre traditions anciennes et découvertes modernes


La stimulation des points auriculaires pour soulager la douleur semble se perdre dans la nuit des temps.

Selon les régions du monde et les civilisations, les méthodes ont été extrêmement variées.

Certaines tribus esquimaudes utilisaient des aiguilles de pierre. Dans certaines traditions d’Amérique du Sud, des tribus auraient utilisé de minuscules flèches placées à l’aide d’une sarbacane. En Afrique du Sud, certaines coutumes bantoues préconisaient de scarifier des zones du pavillon pour apaiser les douleurs de certaines maladies. Dans certains pays arabes, on cautérisait au fer chaud des zones précises de l’oreille pour rechercher un effet antalgique.

Ces pratiques peuvent nous sembler très éloignées les unes des autres. Pourtant, elles reposent toutes sur une intuition commune :

👉 le pavillon de l’oreille possède un lien particulier avec le reste du corps.


Au fil des siècles, la découverte et la maîtrise des points auriculaires ont progressé par à-coups, presque au gré du hasard, jusqu’à ce qu’un médecin français donne à cette intuition une structure plus précise.



Une origine médicale moderne : les travaux du Dr Paul Nogier


L’auriculothérapie moderne a été développée par le Dr Paul Nogier (1908–1996), médecin lyonnais, considéré comme le fondateur de l’auriculothérapie médicale moderne.

Confronté quotidiennement à des patients souffrant de sévères douleurs lombaires, souvent résistantes aux traitements proposés à l’époque, il remarque un jour chez certains malades une cicatrice étrange, toujours située au même endroit, sur la partie supérieure du pavillon de l’oreille.

Intrigué, il interroge ces patients.


Tous évoquent une guérisseuse qui les aurait soulagés en intervenant précisément sur cette zone de l’oreille.


Curieux de nature, chercheur passionné et désireux de comprendre, Paul Nogier décide alors d’observer cette méthode de plus près. Dans un premier temps, il stimule chez ses propres patients les mêmes zones que celles utilisées par cette guérisseuse.

Les résultats l’interpellent.


Non seulement certains patients sont soulagés, mais les effets semblent suffisamment nets pour l’amener à poursuivre son exploration.


Il décide ensuite de stimuler ce fameux point, associé aux douleurs sciatiques et lombaires, avec une aiguille d’acupuncture.

Là encore, il observe des effets comparables.

Cette observation va guider la suite de sa vie professionnelle, désormais largement consacrée à l’étude de l’auriculothérapie.



La naissance d’un modèle : le fœtus inversé


À partir de cette observation, Paul Nogier formule une hypothèse majeure :

👉 si une zone précise de l’oreille peut agir sur les douleurs du bas du dos, peut-être que d’autres zones du pavillon correspondent à d’autres parties du corps.


Il met alors en évidence l’existence d’un microsystème reliant l’oreille externe à l’ensemble de l’organisme.

Pour rendre cette cartographie plus compréhensible, il propose une image devenue emblématique : celle du fœtus inversé.


Dans cette représentation :

  • la tête se situe dans la partie basse de l’oreille ;

  • la colonne vertébrale suit une zone courbe du pavillon ;

  • les jambes se trouvent dans la partie supérieure ;

  • les organes internes prennent place dans les zones plus profondes.


Cette image permet de comprendre pourquoi certains points associés à la tête ou aux migraines se situent vers le bas du pavillon, tandis que des points liés aux jambes se retrouvent plus haut.

Présentée pour la première fois en France en 1957, cette cartographie sera ensuite diffusée en Allemagne, puis dans le monde entier, y compris en Chine.



Une compréhension plus profonde : l’oreille comme microsystème


Poursuivant leurs travaux, Paul Nogier et son équipe vont encore plus loin.

Ils développent l’idée que la surface de l’oreille externe fonctionne comme une sorte de microsystème : une représentation globale du corps, capable de contenir des informations sur différentes parties de l’organisme.


Certains chercheurs iront jusqu’à comparer cette organisation à une forme d’hologramme biologique, où chaque zone reflète une information du tout.


Dans cette logique, l’oreille ne donne pas seulement une indication sur le lieu où la personne ressent une douleur. Elle peut parfois orienter vers l’origine plus profonde du déséquilibre.


Cette approche permet notamment de distinguer différents types de déséquilibres :

  • aigus, donc momentanés ;

  • chroniques, donc installés dans le temps ;

  • dégénératifs, lorsque les atteintes sont plus profondes.


C’est ce passage de l’observation empirique à une forme de lecture structurée du corps qui a permis à l’auriculothérapie de se développer progressivement comme une discipline à part entière.



Le labyrinthe de l’histoire


En 1971, un événement inattendu va profondément bouleverser le regard occidental porté sur l’acupuncture et, plus largement, sur les points réflexes auriculaires.


Alors qu’il visite la Chine avec son épouse, le journaliste américain d’origine écossaise James Reston est victime d’une appendicite aiguë nécessitant une intervention chirurgicale immédiate.


Dans son pays, James Reston est une personnalité de premier plan : double lauréat du prix Pulitzer, rédacteur en chef et vice-président du New York Times, il est aussi connu pour être l’un des détracteurs les plus virulents de Richard Nixon.


À cette époque, Washington et Pékin s’apprêtent à renouer des relations diplomatiques plus cordiales, après une longue période de tensions.

La Chine prépare déjà la visite officielle que le président américain rendra à Mao Zedong en février 1972.

L’état de santé de James Reston devient donc un sujet sensible. Il est admis dans un hôpital moderne de Pékin, mais la situation se complique : selon les récits rapportés, il tolère mal les anesthésiants disponibles à l’époque.


Les médecins chinois doivent pourtant intervenir rapidement.

Ils se tournent alors vers l’acupuncture.


La stimulation de points précis permet d’accompagner l’intervention.

L’opération est un succès.

Mais ce qui marque surtout les esprits, c’est la suite : lorsque les douleurs post-opératoires apparaissent, elles sont soulagées par une nouvelle stimulation de points adaptés.


De retour aux États-Unis, James Reston publie dans le New York Times un article devenu célèbre : “Now, about my operation in Peking”, paru le 26 juillet 1971.

Cet article provoque un véritable choc culturel.


Pour une grande partie du monde occidental, l’acupuncture — jusque-là souvent perçue comme une pratique étrange, lointaine ou folklorique — entre soudainement dans le champ du débat médical.



Quand le scepticisme rencontre l’observation


Le témoignage de James Reston suscite un immense intérêt chez les lecteurs.

Les scientifiques et les médecins, eux, restent d’abord beaucoup plus prudents, voire franchement sceptiques.


Mais certains décident de se rendre en Chine pour observer sur place ce qu’il en est réellement.

Ce qu’ils voient va profondément interroger leurs certitudes.


Des médecins américains assistent à plusieurs interventions chirurgicales réalisées avec l’appui de stimulations de points d’acupuncture, parfois associées à des points auriculaires.


Parmi les observateurs marquants, certains récits citent le professeur David S. Eisenberg, médecin et chercheur américain de l’université Harvard, qui aurait pu observer et filmer certaines interventions réalisées avec le soutien de stimulations de points.


D’autres témoignages concernent le professeur Isadore Rosenfeld, cardiologue américain reconnu, ancien président de la Société médicale du comté de New York, connu pour la sévérité de ses avis médicaux publiés dans la presse.


Lors d’un voyage d’étude en Chine, il rapporte avoir assisté — et même filmé — une opération à cœur ouvert portant sur une valve mitrale, réalisée avec l’appui d’une stimulation électrique d’un point auriculaire précis.


La patiente serait restée consciente, sans douleur apparente au cours de l’intervention.

Selon ce récit, l’anesthésie de la zone opérée aurait été soutenue par la stimulation électrique permanente du point auriculaire associé au cœur, situé au fond du pavillon de l’oreille gauche.

Ces observations sont spectaculaires.

Elles suscitent à la fois fascination, débats et controverses.

Mais elles ont un mérite essentiel : elles obligent à regarder autrement une pratique que beaucoup auraient rejetée trop vite.



Le véritable tournant


Ces expériences ne suffisent pas, à elles seules, à tout valider.

Elles ne suppriment pas toutes les questions.

Elles ne remplacent pas la recherche scientifique.

Mais elles changent profondément la nature du questionnement.

La question n’est plus seulement :

👉 “Est-ce crédible ?”


Elle devient :

👉 “Comment cela fonctionne-t-il ?”

Et c’est précisément là que commence le véritable travail scientifique.



De l’empirique à la science


À partir de ces observations, de nombreux travaux vont chercher à comprendre les mécanismes en jeu.


L’objectif n’est plus simplement de croire ou de rejeter, mais d’étudier :

  • quels effets physiologiques peuvent être observés ;

  • quelles zones du système nerveux sont impliquées ;

  • quelles sont les limites de la méthode ;

  • dans quels contextes les résultats sont les plus probants.


Peu à peu, l’auriculothérapie quitte le seul domaine de l’observation empirique pour entrer dans celui de l’exploration scientifique.

Des recherches sont menées en neurophysiologie, en imagerie cérébrale, en clinique et en médecine expérimentale.


Elles montrent notamment que la stimulation de certains points auriculaires peut activer des zones précises du cerveau, impliquées dans la régulation de fonctions essentielles comme la douleur, le rythme cardiaque, la tension artérielle ou les réponses émotionnelles.



L’étude de Terrence Oleson : le diagnostic auriculaire à l’épreuve


En 1980, le chercheur américain Terrence Oleson publie un travail particulièrement intéressant, car il cherche à comparer le diagnostic médical classique avec le diagnostic auriculaire.

L’étude est menée dans un service de chirurgie orthopédique, auprès de patients présentant des pathologies déjà identifiées : hanche, épaule, genou, etc.


Le principe est simple :

  • le diagnostic clinique est déjà connu ;

  • le praticien utilisant le diagnostic auriculaire, lui, ne connaît pas l’état du patient ;

  • les patients sont couverts par un drap afin de ne donner aucune indication physique visible ;

  • seule une oreille reste accessible.


Le praticien teste alors les points du pavillon de l’oreille, notamment leur sensibilité ou leur résistance électrique, afin de déterminer la zone corporelle concernée.

Les résultats montrent une corrélation importante entre diagnostic clinique et diagnostic auriculaire, autour de 75 %.

Ce chiffre est déjà impressionnant.


Mais il ouvre aussi une question passionnante : que se passe-t-il dans les autres cas ?

Dans l’approche développée par Nadia Volf, ces écarts peuvent s’expliquer par le phénomène des douleurs référées : une douleur ressentie à un endroit du corps peut parfois avoir son origine ailleurs.

Par exemple, une douleur à l’épaule peut parfois être liée à une problématique pulmonaire ou viscérale.

Dans ce cas, un diagnostic uniquement mécanique peut chercher la cause au niveau de l’épaule, alors que le point auriculaire activé peut indiquer une autre origine.

Cette distinction est essentielle : elle montre que l’oreille ne reflète pas seulement l’endroit où l’on souffre, mais parfois le lieu d’origine du déséquilibre.



Une reconnaissance progressive


Au fil des années, l’auriculothérapie s’est constituée un corpus de publications scientifiques important, étudié dans différentes universités à travers le monde.


En 1990, l’Organisation mondiale de la santé organise à Lyon une réunion internationale consacrée à l’auriculothérapie.

L’objectif est notamment d’harmoniser la nomenclature des points auriculaires, c’est-à-dire d’unifier le langage utilisé pour les localiser et les nommer.


Cette étape est importante.

Elle ne signifie pas que toutes les indications sont validées définitivement.

Elle ne signifie pas non plus que l’auriculothérapie devient une médecine miracle.


Mais elle montre que la discipline a suffisamment retenu l’attention pour faire l’objet d’un travail international de structuration.


L’OMS reconnaît ainsi l’intérêt de mieux définir les points auriculaires, afin que chercheurs et praticiens puissent parler le même langage.



Une approche à la croisée des mondes


Aujourd’hui, l’auriculothérapie se situe à un carrefour :

👉 entre tradition et science

👉 entre observation clinique et recherche fondamentale

👉 entre pratique empirique et compréhension neurophysiologique


Elle continue d’évoluer, portée à la fois par les avancées scientifiques, les observations de terrain et les progrès technologiques.


Ce parcours historique est passionnant parce qu’il montre une chose essentielle : certaines pratiques commencent parfois par déranger les certitudes avant d’être étudiées plus sérieusement.


Et c’est précisément ce qui rend l’histoire de l’auriculothérapie si intéressante : elle ressemble à un labyrinthe.


Un chemin où l’on avance entre héritage ancien, observations troublantes, preuves cliniques, débats scientifiques et compréhension progressive du système nerveux.



Ce que les recherches ont mis en évidence


Progressivement, les études ont montré que la stimulation des points auriculaires pouvait produire des effets physiologiques mesurables.

Par exemple :

  • diminution de la fréquence cardiaque ;

  • régulation de la tension artérielle ;

  • modulation de la douleur ;

  • amélioration de certaines réponses émotionnelles et nerveuses.


Mais surtout, ces effets ont permis de comprendre quelque chose de fondamental :

👉 les points auriculaires n’agissent pas directement sur les organes ;

👉 ils agissent via le cerveau et le système nerveux.


Autrement dit, on ne stimule pas un organe en direct. On agit sur une boucle de régulation nerveuse, et c’est cette régulation qui produit ensuite des effets dans le corps.



Une découverte clé : le lien oreille – cerveau


Certaines recherches ont montré que :

  • stimuler une zone du corps active une zone spécifique du cerveau ;

  • stimuler le point auriculaire correspondant active cette même zone.

👉 Il existe donc une convergence neurologique.


Cela confirme que l’oreille agit comme une interface de régulation entre le corps et le système nerveux central.

Dans certaines expériences, la stimulation directe d’un nerf du corps et la stimulation du point auriculaire correspondant ont montré une activation cérébrale comparable. Un point voisin, non spécifique, ne produit pas le même effet.


Cela permet de comprendre pourquoi l’auriculothérapie ne peut pas être réduite à une simple stimulation locale de l’oreille : elle s’inscrit dans un dialogue entre la périphérie du corps, l’oreille et le cerveau.



Diagnostic et régulation : les deux axes de la méthode


Les travaux scientifiques s’accordent aujourd’hui sur deux fonctions principales :

• Une fonction diagnostique

L’oreille peut refléter certains déséquilibres internes.

Un point sensible, douloureux ou présentant une modification de résistance électrique peut signaler une zone du corps en souffrance, en tension ou en dysfonctionnement.

• Une fonction thérapeutique

La stimulation permet d’agir sur les mécanismes de régulation du corps.

L’objectif n’est pas de “forcer” l’organisme, mais de lui envoyer une information afin qu’il retrouve, lorsque cela est possible, une meilleure capacité d’autorégulation.



Une figure clé dans ma compréhension : le Dr Nadia Volf


Dans mon parcours, la découverte du travail du Dr Nadia Volf a profondément transformé ma manière de comprendre et d’utiliser la réflexologie auriculaire.

Le Dr Nadia Volf est docteur en médecine et docteur en sciences. Elle est également responsable pédagogique du diplôme interuniversitaire d’acupuncture scientifique à l’Université Paris-Saclay. Elle est membre de l’Association scientifique des médecins acupuncteurs de France, de l’École française d’acupuncture, ainsi que de l’American Academy of Medical Acupuncture. Elle est aussi conférencière internationale et auteure de nombreux ouvrages.

Son approche apporte une lecture particulièrement intéressante : elle ne réduit pas l’auriculothérapie à une simple cartographie de points, mais l’inscrit dans une compréhension fine du système nerveux, en lien direct avec le cerveau et les mécanismes de régulation du corps.

Elle ne parle pas seulement de points :

👉 elle parle de régulation ;

👉 de cerveau ;

👉 d’adaptation ;

👉 de la capacité du corps à retrouver un meilleur équilibre lorsque l’information est correctement envoyée.



Ce que cela a changé dans ma pratique


C’est à travers ses travaux que j’ai profondément fait évoluer ma manière de comprendre cette approche.


J’ai commencé à percevoir autrement ce qui se joue dans le corps, au-delà des symptômes, en lien avec le système nerveux, les mécanismes d’adaptation et l’histoire propre à chacun.

Aujourd’hui, je n’utilise plus la réflexologie auriculaire comme une simple technique, mais comme un outil d’observation et de régulation.


Un point d’entrée pour comprendre ce que le corps exprime, et accompagner la personne dans un processus plus global, à la fois physique, émotionnel et nerveux.


Cela a transformé ma pratique, mais aussi ma manière d’être en séance :

  • davantage à l’écoute,

  • plus attentive aux liens,

  • et moins centrée sur la recherche d’un résultat immédiat.


Des situations concrètes


Dans la pratique, cette approche prend tout son sens dans des situations très différentes.

Par exemple :

  • Une personne qui consulte pour des douleurs persistantes, et chez qui l’on comprend que le corps exprime une tension plus profonde, souvent liée au stress ou à une surcharge émotionnelle.

  • Une personne en difficulté face à une addiction, où la stimulation auriculaire vient apaiser le système nerveux, diminuer l’urgence… et permettre de reprendre de la distance.

  • Une personne épuisée, en perte de repères, chez qui le travail va d’abord consister à faire redescendre la pression interne avant même de chercher à “corriger” quoi que ce soit.


Dans ces cas-là, la réflexologie auriculaire n’est pas une réponse en soi.

👉 Elle est un point d’entrée.

👉 Un levier.

👉 Un moyen de remettre du mouvement là où tout semblait figé.


Et c’est souvent dans cet espace que quelque chose commence à changer.



Une compréhension différente du corps


Dans cette approche, le corps n’est pas vu comme une machine défaillante.

👉 Il est vu comme un système capable de s’autoréguler.


La stimulation auriculaire vient simplement :

  • envoyer une information ;

  • relancer un processus ;

  • rééquilibrer une fonction ;

  • accompagner le corps dans sa capacité à retrouver un meilleur ajustement.


Ce regard change profondément la posture du praticien : il ne s’agit pas de promettre, ni de forcer, mais d’écouter, d’observer et d’accompagner.



Des effets observés… et étudiés


Un grand nombre de travaux scientifiques se sont intéressés à l’effet de la stimulation des points auriculaires, notamment par une méthode simple : la pression.


Ces recherches montrent que, même sans aiguille ni stimulation électrique, le simple fait de stimuler certains points de l’oreille peut entraîner des effets mesurables sur le corps.


Des résultats dans différents domaines


• La douleur

La stimulation des points auriculaires peut :

  • réduire significativement la douleur ;

  • diminuer la consommation d’antalgiques ;

  • améliorer la récupération fonctionnelle, notamment après certaines chirurgies comme la pose d’une prothèse du genou.


Ces données sont particulièrement intéressantes, car elles montrent que l’action auriculaire ne concerne pas seulement le ressenti subjectif : elle peut aussi accompagner la récupération et la mobilité.


• Le stress et l’anxiété

Des effets ont été observés sur :

  • l’anxiété pré et post-opératoire ;

  • le stress lié aux transports ;

  • le stress post-traumatique ;

  • l’état émotionnel général.

👉 Avec une amélioration globale du niveau de tension interne et de la stabilité émotionnelle.


• Le sommeil

La stimulation auriculaire peut :

  • améliorer la qualité du sommeil ;

  • augmenter sa durée ;

  • favoriser l’endormissement ;

  • apaiser l’hyperactivation nerveuse qui empêche parfois le repos.

Ces effets ont également été observés chez des personnes souffrant de douleurs importantes, notamment au niveau du dos.


• Les troubles hormonaux et féminins

Des effets ont également été observés sur :

  • les bouffées de chaleur pendant la ménopause ;

  • le syndrome prémenstruel ;

  • les douleurs de règles ;

  • la régulation du cycle menstruel ;

  • certains déséquilibres du système autonome.


• Le métabolisme et le poids

Chez certaines populations, notamment chez des adolescents en situation d’obésité, la stimulation des points auriculaires a été associée à :

  • une réduction du poids ;

  • une amélioration de certains paramètres lipidiques ;

  • une meilleure régulation des comportements alimentaires.

Là encore, l’intérêt n’est pas de présenter cette méthode comme une solution isolée, mais comme un soutien possible dans une démarche globale.


• Les troubles respiratoires

Des effets ont été rapportés sur :

  • les allergies respiratoires ;

  • l’asthme ;

  • certaines manifestations respiratoires chroniques.


• Les addictions

La stimulation auriculaire peut :

  • réduire l’envie de consommer ;

  • apaiser l’anxiété liée au manque ;

  • améliorer le sommeil ;

  • soutenir l’état émotionnel ;

  • aider la personne à reprendre de la distance face à l’urgence du besoin.

Ces effets sont notamment étudiés dans l’arrêt du tabac.

Dans ce cadre, la stimulation auriculaire peut soutenir la personne dans une période où le système nerveux est souvent mis à rude épreuve : irritabilité, manque, tension, fatigue, troubles du sommeil, compensation alimentaire ou émotionnelle.



Une base neurophysiologique

L’ensemble de ces effets repose sur une réalité aujourd’hui étudiée :

👉 il existe une relation réflexe entre l’oreille et le reste du corps.


Cette relation est décrite :

  • en neuroanatomie ;

  • en neurophysiologie ;

  • en imagerie cérébrale ;

  • dans différentes recherches cliniques.


Les points auriculaires peuvent être comparés à des zones d’accès au système de régulation du corps.

Ils ne sont pas des “boutons magiques”, mais des points d’information capables d’interagir avec les voies nerveuses et les centres de régulation.



Ce que cela change dans la compréhension


Cela signifie que :

👉 on ne stimule pas un organe ;

👉 on agit sur une boucle de régulation nerveuse.

Et c’est cette régulation qui produit les effets observés.


Ce point est fondamental, car il permet de sortir d’une vision simpliste de la réflexologie auriculaire.

Il ne s’agit pas de dire : “j’appuie sur un point, donc je soigne un organe”.

Il s’agit plutôt de comprendre que l’oreille donne accès à des circuits de régulation dans lesquels le cerveau joue un rôle central.



Ce qu’il est important de comprendre


Ces résultats montrent :

✔ l’existence d’effets physiologiques mesurables ;

✔ des mécanismes neurologiques identifiés ;

✔ une cohérence entre les observations cliniques et les données scientifiques ;

✔ un intérêt réel pour accompagner certaines douleurs, troubles fonctionnels, états de stress ou phénomènes de dépendance.


Mais cela ne signifie pas :

❌ que tout est expliqué ;

❌ que c’est une solution miracle ;

❌ que cela remplace un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.


La réflexologie auriculaire au laser ou par stimulation des points auriculaires doit être comprise comme une approche complémentaire, qui s’inscrit dans une vision globale de la personne.



Et finalement…


La réflexologie auriculaire n’est ni une croyance… ni une solution magique.

👉 C’est une approche qui s’appuie sur des mécanismes réels, encore en exploration.


Elle relie l’histoire ancienne, les observations cliniques, les recherches modernes et l’expérience vivante du corps.


Elle nous rappelle que le corps n’est pas seulement une somme de symptômes à corriger, mais un système intelligent, sensible, adaptatif, capable de retrouver du mouvement lorsqu’on sait l’écouter.


Et peut-être que la vraie question n’est pas seulement :

👉 “Est-ce que ça fonctionne ?”

Mais plutôt :

👉 “Qu’est-ce que cela permet de remettre en mouvement dans le corps ?”


C’est dans cette perspective que j’intègre aujourd’hui la réflexologie auriculaire dans mon accompagnement : non comme une promesse, mais comme un outil précieux pour comprendre, réguler et soutenir la personne dans son ensemble.



Mot de fin


J’espère que cet article aura permis d’éclairer vos questionnements autour de la réflexologie auriculaire, de son histoire, de ses mécanismes et de ses applications.

Mon souhait est qu’il puisse vous offrir une vision suffisamment complète, à la fois accessible et sérieuse, pour mieux comprendre cette approche et ce qu’elle peut apporter dans une démarche globale de mieux-être.


Sandrine Gourdy


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